La prévision annonce 100. Les ventes promettent 150. L’usine peut produire 80. Bienvenue au S&OP.

La prévision annonce 100. Les ventes promettent 150. L’usine peut produire 80. Bienvenue au S&OP.

Sur le papier, tout le monde travaille sur le même plan. Dans la réalité, chaque équipe avance souvent avec ses propres chiffres.

Le demand planner prévoit 100 unités sur la base de l’historique, des tendances et des informations disponibles. Les commerciaux en promettent 150 parce qu’un client important prépare une opération ou parce que l’objectif du mois doit être atteint. L’usine, elle, explique qu’elle ne pourra en produire que 80 à cause d’une contrainte de capacité, d’un manque de composants ou d’un arrêt de maintenance.

Le problème n’est pas que l’un des trois chiffres soit faux. Le problème, c’est qu’aucune entreprise ne peut fonctionner durablement avec trois vérités différentes.

C’est précisément le rôle du S&OP : mettre autour de la même table les ventes, la Supply Chain, la production et la finance pour construire un scénario commun. Pas forcément le scénario parfait. Le scénario que l’entreprise est réellement capable d’exécuter.

Faut-il limiter les engagements commerciaux ? Augmenter temporairement la capacité ? Prioriser certains clients ? Accepter une rupture ? Utiliser du transport urgent ? Décaler une promotion ?

Un bon S&OP ne supprime pas les contraintes. Il les rend visibles assez tôt pour permettre une décision.

Un mauvais S&OP, lui, laisse chaque équipe avancer avec son propre chiffre. Jusqu’au moment où le client appelle, où le stock manque et où tout devient urgent.

Le S&OP n’est donc pas une réunion mensuelle supplémentaire. C’est l’endroit où l’entreprise choisit enfin quelle version de la réalité elle veut exécuter.

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