On demande à un Supply Planner de maîtriser SAP, d’analyser des données sur Power BI, de construire des tableaux de bord sur Excel, de participer au S&OP, de comprendre les achats, de dialoguer avec les fournisseurs, de suivre les KPI, de gérer les urgences opérationnelles et, si possible, de parler anglais couramment.
Le problème n’est pas d’être polyvalent. C’est même devenu une qualité essentielle dans une Supply Chain où tout est connecté.
Le problème, c’est que cette polyvalence est rarement reconnue dans la rémunération.
Les entreprises veulent des collaborateurs capables de naviguer entre l’IT, les opérations, la finance et le commerce. Des profils qui comprennent autant les flux physiques que les flux d’information. Des personnes capables de résoudre des problèmes complexes sans toujours disposer de toutes les ressources nécessaires.
Pourtant, ces mêmes profils sont souvent recrutés sur des grilles salariales pensées pour des postes beaucoup plus spécialisés.
À force d’élargir les responsabilités sans faire évoluer les salaires, un phénomène apparaît : les meilleurs profils deviennent les plus mobiles.
Ils changent d’entreprise tous les deux ou trois ans, non par manque de loyauté, mais parce que c’est souvent le seul moyen de faire reconnaître la valeur qu’ils ont acquise.
La polyvalence est devenue indispensable en Supply Chain.
Peut-être est-il temps qu’elle devienne aussi un véritable critère de valorisation.
Selon vous, les entreprises rémunèrent-elles réellement la polyvalence… ou considèrent-elles qu’elle fait désormais simplement partie du poste ?