On demande 5 ans d’expérience pour un poste junior. Mais comment les jeunes diplômés sont-ils censés commencer ?

On demande 5 ans d’expérience pour un poste junior. Mais comment les jeunes diplômés sont-ils censés commencer ?

C’est l’un des paradoxes du recrutement dans la Supply Chain.

Un jeune diplômé consulte une offre d’emploi pour un poste d’approvisionneur, de Demand Planner ou de coordinateur logistique.

Le poste est présenté comme « junior ».

Mais en parcourant les critères, il découvre une liste d’exigences : maîtrise d’un ERP, excellente connaissance d’Excel, expérience dans un environnement industriel, anglais professionnel et parfois deux à cinq années d’expérience.

Autrement dit, on recherche un débutant… qui ne débute pas vraiment.

Pourquoi les entreprises sont-elles devenues aussi exigeantes ?

La Supply Chain est une fonction où les erreurs peuvent rapidement coûter cher.

Une mauvaise prévision peut générer des surstocks. Un approvisionnement mal anticipé peut interrompre une production. Une erreur de planification peut désorganiser les livraisons.

Les entreprises cherchent donc naturellement des collaborateurs capables d’être opérationnels rapidement.

Mais cette logique présente une limite : si toutes les entreprises privilégient les candidats déjà expérimentés, qui formera les professionnels de demain ?

Car les compétences Supply Chain ne s’acquièrent pas uniquement dans les salles de cours.

Comprendre les contraintes d’un entrepôt, gérer un fournisseur en retard, arbitrer entre disponibilité produit et niveau de stock ou travailler avec un ERP demande aussi une expérience du terrain.

Et cette expérience, il faut bien pouvoir l’acquérir quelque part.

Le problème n’est pas d’exiger des compétences. C’est parfois de confondre potentiel et expérience.

Un jeune diplômé ne maîtrise pas nécessairement toutes les subtilités d’un processus S&OP ou d’un environnement SAP.

Mais il peut posséder de solides capacités d’analyse, une bonne compréhension des flux, une réelle curiosité et surtout une capacité d’apprentissage.

Des qualités qui peuvent devenir particulièrement précieuses lorsqu’elles sont accompagnées par une équipe expérimentée.

Recruter un junior, ce n’est pas simplement chercher un professionnel moins cher.

C’est aussi accepter d’investir dans sa montée en compétences.

Et dans un secteur où la transmission des connaissances opérationnelles reste essentielle, cet investissement mérite d’être considéré.

Selon vous, les entreprises donnent-elles suffisamment leur chance aux jeunes diplômés en Supply Chain ?

Rejoindre la newsletter supply chain de référence.

Chaque dimanche : analyse claire, actualités et décryptage terrain.
Super ! Vérifiez votre boîte de réception et cliquez sur le lien pour confirmer votre abonnement.
Erreur ! Veuillez saisir une adresse e-mail valide !