83 rames produites en France, 117 assemblées au Vietnam : comment Alstom partage sa production

83 rames produites en France, 117 assemblées au Vietnam : comment Alstom partage sa production

Alstom vient de signer avec Vingroup un accord portant sur jusqu’à 200 rames Metropolis destinées au développement du métro de Hanoï.

Mais elles ne sortiront pas toutes de la même usine.

Jusqu’à 83 rames de cinq voitures seront conçues et fabriquées à Valenciennes Petite-Forêt. Les 117 suivantes seront assemblées au Vietnam par Vingroup, dans le cadre d’un accord de licence technologique et à partir de composants fournis par Alstom.

À première vue, on pourrait simplement y voir une production partagée entre deux pays.

En réalité, l’organisation industrielle est beaucoup plus intéressante.

Car Valenciennes n’est qu’une partie du dispositif.

Ornans doit fournir les moteurs, Le Creusot les bogies, Charleroi les systèmes de traction, Toulouse intervenir sur le schéma électrique et Villeurbanne sur l’informatique embarquée et l’information voyageurs.

Autrement dit, assembler localement ne signifie pas forcément déplacer toute la chaîne de valeur.

Une partie de l’ingénierie, des composants critiques et du savoir-faire reste répartie dans plusieurs sites européens, tandis que le Vietnam développe progressivement sa propre capacité d’assemblage ferroviaire.

Mais cette organisation crée aussi une Supply Chain plus exigeante.

Il faut acheminer les bons composants jusqu’au Vietnam, maintenir la traçabilité, reproduire les standards qualité, transmettre les méthodes industrielles et faire monter un nouveau site d’assemblage en compétence sans dégrader la performance du produit final.

C’est souvent ce qu’on oublie derrière les annonces de « transfert technologique ».

On ne transfère pas seulement des plans ou une licence.

Il faut aussi transférer une manière de produire.

Pour Alstom, l’enjeu est d’autant plus important que Hanoï prévoit fortement développer son réseau ferroviaire urbain dans les prochaines décennies.

Ce type de contrat montre finalement comment évoluent certains grands projets industriels internationaux.

Il ne s’agit plus forcément de tout fabriquer dans le pays d’origine puis d’exporter le produit terminé.

Il faut parfois construire une chaîne industrielle capable de partager la production entre plusieurs pays sans perdre la maîtrise technique qui fait la valeur du produit.

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