Dans une Supply Chain, presque chaque fonction possède ses propres objectifs.
Les achats cherchent à obtenir de meilleurs prix. Ils commandent donc parfois des volumes plus importants pour profiter d’une remise ou atteindre un minimum de commande.
La production cherche à être efficace. Elle privilégie les longues séries pour limiter les changements de format, les nettoyages et les réglages.
Le transport cherche à réduire son coût par unité. Il attend quelques heures ou quelques jours supplémentaires pour remplir davantage les camions.
L’entrepôt, lui, cherche à limiter le stock et à optimiser son espace.
Pris séparément, chacun de ces choix peut être parfaitement rationnel. Le problème apparaît lorsqu’on les assemble.
Les achats commandent davantage pour économiser quelques centimes par pièce. Le stock augmente.
La production fabrique une longue série pour améliorer son rendement. Mais une partie des produits ne sera utilisée que plusieurs semaines plus tard.
Le transport attend pour consolider les commandes. Le taux de remplissage du camion augmente, mais certaines livraisons prennent du retard.
Et l’entrepôt, déjà sous pression pour réduire son niveau de stock, doit absorber les volumes générés par les décisions prises en amont.
À la fin du mois, le paradoxe est possible : chaque service affiche de bons indicateurs, alors que le flux global s’est dégradé. Plus de stock immobilisé. Des délais plus longs. Des zones saturées. Des urgences supplémentaires. Parfois même une baisse du service client.
C’est l’une des difficultés fondamentales de la Supply Chain. Une entreprise n’est pas une addition d’optimisations locales. C’est un système dans lequel une décision prise à un endroit modifie presque toujours les contraintes d’un autre.
Le meilleur choix pour les achats n’est donc pas toujours le meilleur choix pour l’entreprise. Même chose pour la production, le transport ou l’entrepôt.
La performance Supply Chain commence souvent au moment où l’on accepte qu’un maillon puisse être légèrement moins performant pour que l’ensemble du flux fonctionne mieux.
Pourquoi optimiser chaque étape peut dégrader le flux global